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VIH : aidons les enfants et les adultes malades à accéder aux traitements

29 novembre 2025
Laurence Valentini

À l'occasion de la Journée internationale de lutte contre le sida, il est plus que jamais nécessaire de se mobiliser. Grâce à vos dons ces dernières années, des progrès ont pu être réalisés. Aujourd'hui encore, Enfants de l'Espoir a besoin de vous et de votre soutien pour aller plus loin et permettre aux malades de lutter contre la maladie et de continuer à vivre.


À Dapaong, le combat contre le sida se poursuit et l’association Vivre dans l’Espérance continue de se mobiliser avec le soutien d'Enfants de l'Espoir. Son objectif : faciliter, pour tous, l’accès aux traitements contre la maladie et améliorer sa prise en charge.

La pandémie du sida reste un grand défi de santé publique pour les pays d’Afrique subsaharienne et notamment pour le Togo. La pauvreté s’avère la principale cause de la permanence du VIH car elle pousse les personnes précaires à s’exposer à la contamination. Le gouvernement togolais s’efforce de mettre en place des mesures de prévention et de traitement en fonction de ses moyens.

Depuis plus de vingt-cinq ans, l’association Vivre dans l’Espérance participe à ce combat et prend en charge les enfants devenus orphelins à cause de la maladie – eux-mêmes éventuellement séropositifs dès leur naissance –, ainsi que les adultes contaminés accueillis au centre Maguy.

Léon Hounkpati, assistant médical (photo ci-contre), fait le point : « Parmi les 1154 enfants accueillis par VIE, 130 sont séropositifs, 90 vivent à l’orphelinat et 40 dans leur propre famille ou en famille d’accueil. 19 d’entre eux, âgés de 5 à 19 ans, se trouvent en échec thérapeutique. La principale cause de cette faillite : la mauvaise observance des traitements. Quand ils grandissent loin du centre Maguy, les enfants, souvent livrés à eux-mêmes, ne suivent pas correctement le protocole thérapeutique. » Or les études récentes prouvent que les mutations de résistance au traitement contre le VIH sont dues à cette défaillance, soit parce que les doses ont été insuffisantes ; soit parce que les prises de médicaments ont été irrégulières. Un constat identique pour les personnes malades prises en charge par l'association : plus de 700 parmi lesquelles 160 sont en résistance. La mise sur le marché européen du Lenacapavir, indiqué pour les patients ayant développé cette résistance, donne beaucoup d’espoir. Malheureusement, ce médicament, trop coûteux, n’est pas disponible au Togo où le traitement repose sur la trithérapie classique avec les antirétroviraux : le dolutégravir, la lamivudine et le tenofovir disoproxil fumarate.

L’association VIE agit donc pour optimiser l’observance des traitements mais également pour améliorer l’alimentation qui s’avère un facteur essentiel dans le combat contre le sida. Les bilans de santé et le suivi des maladies opportunistes dues à l’affaiblissement immunitaire de l’organisme infecté font aussi partie de son action.

« Améliorer les conditions de vie au quotidien, apporter une nourriture qualitative, réduire la distance des lieux de vie pour faciliter l’accès au centre Maguy, et mieux encadrer la prise des traitements, telles sont nos priorités, confirme Marcel Mendouna, directeur adjoint de VIE. C’est valable pour les enfants mais également pour les adultes qui viennent se faire soigner au centre. » Enfants de l'Espoir accompagne ces actions tant sur le plan alimentaire que psychologique et social.

L'association VIE accueille également les adultes malades. À g., Sr Marie Stella.

Une prise en charge psychologique a été conçue avec des activités communautaires, des visites à domicile et à l’orphelinat, des sessions de jeux sur des thématiques pour le développement de la résilience, avec la Memory box ou "boîte à mémoire".

Une ombre à ce tableau : la suspension des fonds de l’Usaid décidée par Donald Trump, le président des États-Unis. Elle menace l’accès aux médicaments pour des milliers de malades ce qui risque d’entraîner une recrudescence de l’épidémie et de remettre en cause les progrès réalisés. À ce jour cependant, Marcel Mendouna se veut rassurant : « Je pense que nous avons deux ou trois ans de traitement devant nous avant qu’une rupture ne survienne. »

D’où la nécessité d’agir avant que l’accès aux médicaments ne devienne une question de survie pour tous ceux qui en bénéficient.



« Je vis à l’orphelinat depuis toute petite, je vois juste mon père pendant les vacances. Comme Arzuma, j’ai su pour ma maladie sur le tard. Je respecte la prescription médicale avec la prise d’un comprimé tous les soirs. Sinon, je vis normalement, je cours, je joue au foot, je vais au lycée, en première en économie. J'ai des objectifs professionnels : je voudrais devenir économe. »

* Par discrétion et pour que leur témoignage ne leur porte pas préjudice, les prénoms et les visages ont été modifiés.

« J’ai vécu à l’orphelinat dès mon plus jeune âge. Aujourd’hui, je suis cuisinière dans l’établissement. Je prends mon traitement avec régularité et je vis comme tout le monde. Je suis célibataire mais j’ai un ami, qui n’a pas le VIH. Grâce aux médicaments, on évite de contaminer les autres. J’espère bien me marier et avoir des enfants. »

« J’ai contracté la maladie en 2006. Et depuis, je suis sous traitement. Je n’ai pas toujours eu les mêmes médicaments. Au début, je tombais souvent malade, j’avais des effets secondaires invalidants. C’était compliqué car, autour de moi, on savait forcément que j’étais séropositif à cause de mes multiples problèmes de santé. Les gens ne voulaient pas trop m’approcher. Le sida a fait beaucoup de dégâts dans ma vie : j’ai été marié trois fois et j’ai perdu deux épouses. Aujourd’hui, je vis à Dapaong où je suis agent de sécurité. Personne ne sait pour ma séropositivité car le traitement ne provoque plus d’effet secondaire. Je vis avec ma troisième femme et j’ai quatre enfants qui ne sont pas malades. Je me sens bien désormais. »


Isabelle collabore au centre Maguy depuis 2022. Sa mission se concentre sur les enfants des orphelinats et, au-delà, ceux qui vivent dans leur famille ou en famille d’accueil, en travaillant sur la résilience.

Comment aidez-vous ces jeunes à travailler sur la résilience ?
Grâce à des ateliers communautaires et un outil, la Memory box ou "boîte à mémoire". Cela nous permet d’accompagner psychologiquement les enfants, malades ou vulnérables, et les familles pour développer leur résilience.

Concrètement, comme cela se passe ?
On organise des temps d’activité pour les jeunes et pour les parents, au centre Maguy ou à domicile. Il s’agit de moments de discussion autour, par exemple, de « la rivière de ma vie ». L’enfant se remémore ses souvenirs heureux, ou malheureux, afin de se libérer des émotions qu’il a vécues. Cela lui permet de se reconnecter à son histoire, de la connaître pour favoriser la résilience.

En quoi la résilience se révèle si importante ?
Il faut reconnaître ses émotions pour bien les gérer, savoir ce que l’on doit faire, quels sont les bons choix. Mais développer la résilience permet surtout d’accepter sa maladie, de se battre, d’affronter les difficultés de la vie et d’aller de l’avant malgré tout.


** Toutes les photos de cette page ont été réalisées par l'association VIE.

One comment on “VIH : aidons les enfants et les adultes malades à accéder aux traitements”

  1. Chers amis, merci de partager ces témoignages. Moi qui suis en bonne santé, je suis émue par l'importance de "faire partie d'une famille élargie", d'être accompagné par des personnes bienveillantes. Pour ma part, je porte chacun de vous dans ma prière, personnes malades, personnel soignant, toutes les personnes proches de soeur Marie Stella et bien sûr notre sœur Marie Stella elle-même.
    Courage à vous tous car "tout concourt au bien de celui qui aime Dieu".
    Union de prière et de louange 🙏🎵🙏
    Je vous embrasse affectueusement ❤️😘❤️

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