
« Psychologue clinicienne à Lomé, j’exerçais déjà depuis 2015 auprès d’enfants, dans des orphelinats. Je suis arrivée en avril 2022 à Vivre dans l'Espérance. Je m’occupe au quotidien de la prise en charge des patients VIH, en particulier lorsque leurs résultats biologiques ne sont pas bons et que nous soupçonnons qu’ils ne prennent pas bien leurs médicaments. Il est difficile de suivre un traitement toute sa vie durant ! Je les rencontre pour tenter de savoir pourquoi ils ont lâché et j’essaie de les aider à surmonter leur moment de colère ou de dépression afin qu’ils redeviennent observants. Dans la même logique, je suis chargée de contacter les "perdus de vue", ces patients dont nous n’avons plus de nouvelles. Avec les agents communautaires, nous tentons de retrouver leur trace dans les villages pour les ramener vers nous.
Je travaille au sein de l’hôpital Maguy et on m’envoie aussi des patients venus pour d’autres pathologies mais dont on découvre qu’ils ont un problème psychologique à surmonter. Et puis, bien sûr, j’accompagne au long court les enfants des deux maisons d'accueil de l’association. Comme pour les adultes, je les rencontre en entretien individuel s’il y a un souci de comportement qui est détecté par leur médiateur, à l’école ou à la maison. Je mets en pratique des techniques psychologiques reconnues pour les aider à découvrir la raison par exemple de leur agressivité envers un camarade, ou de leur découragement face au travail scolaire. Nous avons également mis en place des groupes de paroles qui les aident beaucoup à comprendre qu’ils ne sont pas seuls à rencontrer ces problèmes. C’est souvent un soulagement pour eux et un encouragement à parler.
L’adolescence est le moment le plus fragile de la construction d’une personnalité et lorsqu’il s’agit d’enfants traumatisés par la maladie et le deuil, nous devons redoubler d’attention. Ils se posent beaucoup de question : « Pourquoi suis-je né avec cette maladie ? », « Pourquoi suis-je différent des autres ? », « Est-ce que je pourrai vivre normalement ? » Il faut surveiller les crises d’hystérie ou les idées suicidaires. Le soutien psychologique est donc renforcé pour les aider à passer cette période.
C’est un travail d’équipe, mené avec le personnel médical et les médiateurs qui s’occupent de la liaison entre les enfants, l’école et nous. Avec le directeur adjoint Marcel Mendouna, nous menons aussi le programme des « boîtes de mémoire ».
Ce qui me plaît dans ce poste, c’est d’aider des personnes en souffrance à aller mieux, mais c’est aussi la dimension sociale du soutien que nous apportons à ces patients, à ces enfants. Ils viennent souvent de milieux très pauvres et, sans nous, n’auraient pas accès à ce « mieux-être » que nous les aidons à atteindre. »
18, rue de la Cateuse
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